La tribu des derniers romantiques

La tribu des derniers romantiques, qu’est-ce que c’est ? C’est un polar, de la littérature sociale, un témoignage, un documentaire, un récit militant et anti nucléaire, qui dépeint une Australie pas si jolie, c’est-à-dire à milles lieux de l’idée que nous nous faisons du pays.

Ici, on parle des déboires et magouilles de l’industrie minière, principalement de l’extraction d’uranium. Et devinez où les géants du nucléaire vont piocher leurs ressources ? Dans le bush. Vous me direz : « C’est un désert, où est le problème ? » Ces terres appartiennent aux aborigènes auxquels ces géants n’hésitent pas à voler les terres.

En découle un autre problème, évoqué dans le roman : les aborigènes sont victimes de l’alcoolisme, de la pauvreté et du racisme. Encore aujourd’hui, cette population est victime de discrimination. J’ai été surpris d’apprendre que les toilettes de certains pubs leurs étaient interdits. Bien évidement, pas explicitement mais de manière subtile : « Out of order », mais toujours accessible pour les blancs.

C’est dans ce contexte que l’intrigue du roman se créée : tout d’abord, un flic pourri et un meurtre vite mis de côté pour faire place à un groupe de militants préparant des actions de guerre contre Thaurus, un exploitant minier. L’auteur prend son temps pour installer l’intrigue. Heureusement, car la première partie permet de comprendre comment la roue tourne dans ce pays. En guise de deuxième partie, c’est la rencontre avec Kilo, un amateur de vin et son chien Pinard, qui découvriront un cadavre calciné dans le bush. Il mènera son enquête aux cotés d’aborigènes luttant pour leurs droits, de Hell’s écolos sur leurs grosses bécanes. Sur la route, ils croiseront aussi le chemin de marcheurs anti-nucléaire (l’un des passage qui m’a le plus marqué) : « Footprints for peace ». J’y ai appris que la France exploite des mines d’uranium au Niger (du néo colonialisme), soit presque 50% des besoins « de ce petit pays européen ». Les conséquences : contaminations de l’air par les poussières et gaz radioactifs ; contamination de l’eau due aux procédés chimiques, et j’en passe. C’est-à-dire que : leurs terres cultivables, les nappes phréatiques, ce qui leur permet de vivre, sont pollués. Et la situation ne semble pas prête de changer. Il en est de même en Australie. Ce qui fait réfléchir.

Pourtant, tout n’est pas si noir dans ce roman. Kilo est un bon vivant qui ne se laisse pas abattre. L’enthousiasme des personnages dans leur lutte est contagieux. On s’indigne tellement que ça en devient frustrant de ne rien pouvoir faire. Heureusement, ce roman n’est pas une morale que l’on nous impose ; on ne nous force pas, on ne nous martèle pas ce qu’on doit faire ou ce que l’on craint comme le font si bien certaine personnes. C’est un constat qui pousse à une réflexion.

Bien vu le coup du polar qui est une bonne manière (ludique) pour amener ce genre de discours. Allez, je t’invite à prendre la route dans ce roman. Un argument en plus ? Il y a Nick Cave, Healthy Boy & The Badass Motherfuckers, Wooden Wolf, …

Alors, on y va ?!

La tribu

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Jocelyn Peyret, La tribu des derniers romantiques

Editions de La Question et Chemins Verts

2015

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